vendredi 15 juin 2007

La villa La Lanterne renaît sous mes yeux





Au Rouret, je suis très gentiment accueillie chez une dame toute jeune d'allure dans son chemisier au semis printanier et son pantalon bleu ciel assorti à ses yeux clairs : Anne-Cécile Mac Laughlin, petite-fille du propriétaire du domaine du sommet de la colline de la Lanterne de 1919 à 1954.

Son souci de discrétion fait qu'elle n'a voulu ni que je l'enregistre (j'ai ainsi certainement perdu des détails intéressants de ses récits) ni que je photographie ses photos.

Description des photos qui m'ont frappée :
  • Tout d'abord, la maison en l'état où son grand-père l'a achetée. Toute blanche et surmontée d'un belvédère, lui même coiffé d'une lanterne. Façade principale vers la mer. Le tout entouré d'oliviers.

  • Les oliviers à l'abandon depuis nombre d'années, au milieu de broussailles.


  • La maison après que son grand-père l'avait agrandie.


  • Une grande vue aérienne, la maison blanche et toute petite au milieu du grand domaine tout sombre. On voit très bien le chemin de la Lanterne (future avenue) à gauche, ce qui va devenir l'ancien chemin de la Lanterne au premier plan, coupé par la silhouette de la villa Panorama qui elle sort du champ. On repère le mur d'enceinte de la propriété, l'entrée principale (à peu près en face de l'agence immobilière actuelle, peut-être un peu plus au sud encore), un portail secondaire plus petit à peu près là où en existe encore un pour les Belles Terres : ancien chemin de la Lanterne actuel). On voit bien les allées dans la propriété menant de tous côtés à la maison principale. Au sud, quelques planches avec des serres, sinon ailleurs essentiellement des oliviers. Au nord, la toiture d'une petite maison, un pavillon. Tout près, encore au-dessus, de l'autre côté de l'enceinte, une maison Belle Epoque, de taille moyenne, qui existe encore. Au tout premier-plan à gauche de la photo, de l'autre côté de la rue : la maison du jardinier, qui faisait elle aussi partie des possessions des Mac Laughlin. C'est actuellement la maison des Amandorlo.
  • Le côté ouest de la maison, avec deux espèces de voûtes, une fenêtre de mi-étage avec un grillage en losanges.

  • Quelques plans rapprochés de la façade principale : rez-de-chaussée et premier étage sans aucun faste, à peine une ou deux petites portes-fenêtres, sans ordonnancement particulier : fonctions quelconques et chambres. L'étage de "réception" était le troisième niveau, en encorbellement par rapport aux deux premiers, soutenu par les voûtes évoquées plus haut et par des tirants de métal régulièrement répartis sur toute la largeur de la façade : bureau du grand-père à l'est, salon au milieu au sud, salle à manger à l'ouest. Au quatrième et dernier niveau : d'autres chambres. Encore au-dessus : le belvédère, et au zénith la lanterne. Aucune espèce de décor nulle part, façade pas du tout Côte d'Azur : aucun stuc, aucun fronton, aucun bas-relief. Chassis de moustiquaires sur toutes les fenêtres, pas la mindre trace d'ostentation. Si ce n'était la blancheur éclatante, on pourrait même parler de sévérité. Les terrasses, le belvédère et la lanterne constituent les seules diversions. Beaucoup d'allure quand même : tous ces étages, tous ces décrochements, toutes ces fenêtres partout.

  • Le portail : sur chaque piedroit, une plaque gravée "Villa" d'un côté, "La Lanterne" de l'autre, les ferronneries de simples barreaux verticaux, coupés par une vaste figure dessinant un coeur avec les courbes en bas la pointe en haut.
  • Seule vue de l'intérieur : une monumentale et spectaculaire cheminée. Sur le manteau une dédicace "au roy" accompagnée de la date de 1517, entre une représentation du chevalier Bayard et un large bas-relief que je n'ai pas identifié. Chacun des piedroits représente un chevalier en armure et bouclier. Deux petites photos en représentent le détail : les deux chevaliers sont nettement différenciés. Cheminée de fantaisie ? Cheminée ancienne achetée ailleurs ?
  • Une petite carte imprimée, avec une image de la villa en haut, un poème en anglais et en vers dessous, rédigé sans doute par un ami de la famille me dit Madame Mac Laughlin. Un poème qui évoque la villa au sommet de la colline, avec sa lumière qui balaie le rivage, pour prémunir les populations contre les pirates et leurs razzias.
  • Enfin, et ce n'est pas une photo, mais un dessin à la plume, montrant la maison exactement sous le même angle que sur la photographie que je reproduis dans cette page.

Au vu de toutes ces images, rien dans l'extérieur de la maison ne m'a paru antérieur au XIXeme siècle. Une grande bâtisse symétrique avec des élements métalliques dans la structure. Si elle a caché des éléments plus anciens, quels indices peut-on en avoir ? De la lanterne à fonction de signal, le souterrain, la prison, le monastère, quelle est la part de légende ?


Après un charmant goûter, finalement Madame Mac Laughlin a bien voulu que je fasse une prise de vue, une seule !






Rentrée à Nice j'ai tout de suite eu un appel de sa part : j'avais oublié l'étui de mon appareil photo. Cela me donnera une occasion de retourner la voir. Je vais attendre d'avoir glané quelques informations supplémentaires afin d'avoir des éléments nouveaux à lui apporter.



Pour avoir une chance de faire repartir mon enquête, il faudrait que je remonte à avant les Mac Laughlin, que je retrouve les descendants des propriétaires précédents. Les noms dont je dispose entre 1872 et 1919 sont :



Ferdinand Noblet



Hippolythe Caillieux-Gauthier



Je ne trouve qu'un seule Caillieux dans l'annuaire à Nice. Je viens de l'appeler. Il s'agit de personnes venues de Dunkerque il n'y a que deux ans et qui n'ont pas d'attache même ancienne avec la région.

Pour les Noblet, il y en a trois dans l'annuaire, et la seule qui répond est une jeune femme originaire de Bresse bourguignonne. Elle a pris mes coordonnées parce qu'elle souhaite interroger son père sur leurs ancêtres, donc "au cas où", mais ça ne me semble pas très favrorable comme piste...



Je me suis aussi enfin décidée à appeler les Boesfplug, démarche chaudement recommandée par Monsieur Paturel. Accueil téléphonique très sympathique, ils m'attendent mercredi prochain à 17H30. Comme m'a dit Madame Boesfplug : c'est plus facile de parler de visu qu'au téléphone !



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